Un viol serait-il plus apte à la clémence que des idées ?

C’est avec une grande tristesse qu’il y a deux ans, nous avons appris la disparition de Stéphane Blet à Genève, pianiste et compositeur de renommée internationale, auteur Kontre Kulture et compagnon de route d’E&R.

Parution : 1er Janvier 1996

Harcelé par la LICRA et menacé de mort par la LDJ, Stéphane Blet était réfugié en Turquie depuis plusieurs années. Loin de protéger l’artiste, l’État français a même été en 2019 jusqu’à l’exclure de l’Ordre des Arts et des Lettres dont il faisait pourtant partie depuis 2005.

Rappelons ici les manœuvres délétères exercées par Salim Laïbi à l’encontre de Stéphane Blet (parce que ce dernier avait refusé de trahir Alain Soral) pour lui faire perdre ses récompenses, par de multiples lettres de dénonciation envoyées au ministère de la Culture et à la Fondation Pierre-Bergé-Yves-Saint-Laurent…

Ancien maître franc-maçon ayant dénoncé l’imposture de cette société secrète, infatigable soutien des Gilets jaunes et du peuple palestinien, Stéphane Blet avait dernièrement signé la préface de l’ouvrage Réponse à Zemmour de Dieudonné.

La dernière vidéo de Stéphane Blet (1er janvier 2022) :


Disparition de Stéphane Blet : quand les médias sont muets

Je me souviens, il y a quelque temps le politiquement correct et la bien-pensance s’offusquaient de voir le sort qu’on réservait à Polanski qui ne pouvait pas se déplacer librement où il voulait. Rappelons brièvement les faits. Ce monsieur avait été condamné aux USA pour viol sur mineures (faits avérés exacts et jugés comme tel). Je me souviens des arguments avancés par ceux qui le soutenaient. Soit ses détracteurs étaient antisémites (c’est tellement facile et passe-partout), soit il fallait dissocier l’homme de l’artiste qui avait fait de très grands films. Éternel débat, peut-on dissocier l’artiste de l’homme dans sa vie privée. Proust disait dans son « contre Sainte Beuve » que « le livre est le produit d’un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices. ».

On pourrait élargir cette notion à toutes œuvres artistiques. Je n’ai pas d’avis bien tranché sur le problème posé. Mais si on l’applique à Polanski, pourquoi n’applique-t-on pas ce postulat à tous les artistes ?

Je vais prendre un exemple bien précis bien qu’il y en ait beaucoup d’autres. Stéphane Blet virtuose du piano est mort il y a quelques jours et aucun média, je dis bien aucun n’en a parlé. Pourquoi ? Je ne me m’attarderai pas sur les causes de sa mort qui ne sont pas clairement établies.

Il était exilé en Turquie depuis quelques années suite à ses prises de position politiques, et suite à son livre contre la franc-maçonnerie. Mais moi ce qui m’intéresse, au-delà des idées aussi contestables qu’elles puissent être, c’est le pianiste virtuose que j’ai eu l’occasion de voir en concert il y a quelques années, et à qui je me dois de rendre hommage puisque personne ne l’a fait. Lors de son « marathon Franz Liszt » en février 1987 où il est bissé plus de trente minutes, Pierre Petit critique musical écrivait : « Stéphane Blet, c’est plus que du simple piano, c’est la musique elle-même ». D’autres citriques parlent « de son corps à corps avec l’œuvre d’où naît une superbe architecture, scandée tour à tour par la majesté et le lyrisme le plus intense. Et quelle sonorité ! On apprécie le véritable musicien et sa merveilleuse compréhension de l’œuvre, on oublie tout pour s’adonner à l’émotion… C’est l’état de grâce « une technique stupéfiante et le plus beau son de piano ». Ancien élève de Vladimir Horowitz, Il était considéré comme l’un des plus grands pianistes de sa génération. Il reçoit en France la médaille d’or de la Société d’encouragement au progrès remise au Sénat, et est admis au grade de chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres par le gouvernement français en juillet 2005 dont il est exclu par arrêté du 13 juin 2019.

La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) lui décerne le prix de « Pianiste de l’année » en 2007. Le magazine Marianne le qualifie de « roi du clavier ». Alors la question que je me pose est : pourquoi ce silence absolu autour de la mort de cet immense pianiste ? Ne peut-on pas, comme je le soulignais plus haut, dissocier l’artiste de l’homme dans sa vie privée, et pour en revenir à Polanski et à ses partisans, je pose la question suivante : un viol serait-il plus apte à la clémence que des idées ?

Par Willy Biolsi, Pessac
Publié le 19/01/2022


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